La politique du Kremlin envers les pays d’Asie centrale a-t-elle changé après la réélection de Poutine ?

Depuis la réélection de Vladimir Poutine pour un cinquième mandat, la politique russe à l’égard des pays d’Asie centrale (AC) continue d’être caractérisée par une double stratégie, mêlant assurances diplomatiques et mesures politiques strictes. Le Kremlin tente de renforcer son influence dans une région essentielle à ses intérêts géopolitiques et économiques. Radio Azatlyk l’a rapporté.

Poutine cherche désormais activement à accroître l’influence de la Russie en Asie centrale, en utilisant à la fois des outils économiques et militaires. Les visites du dirigeant russe dans des pays comme le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan soulignent l’importance de ces liens. Les dirigeants de ces pays considèrent la coopération avec la Russie comme un moyen d’assurer la sécurité et la croissance économique. Par exemple, l’Ouzbékistan a accueilli Poutine à Tachkent avec beaucoup de préparation, malgré les sanctions internationales et un mandat d’arrêt contre le président russe émis par la Cour pénale internationale (CPI).

Les sanctions occidentales contre la Russie suite à l’agression militaire en Ukraine créent des difficultés supplémentaires pour les économies des pays d’Asie centrale étroitement liés à la Russie. Ces sanctions limitent les possibilités d’exportation et d’importation, ce qui réduit les revenus et les opportunités des travailleurs migrants travaillant en Russie. En réponse, le Kremlin propose son soutien et son assistance pour contourner les sanctions, ce qui permet aux pays d’Asie centrale de maintenir leur coopération économique avec Moscou. Par exemple, l’Ouzbékistan est devenu l’un des principaux pays exportant des produits sanctionnés vers la Russie.

 

Réaction des pays d’Asie centrale

Les politologues notent que les régimes autoritaires d’Asie centrale continuent de se concentrer sur le modèle de gouvernance russe, copiant les pratiques législatives et politiques de Moscou. Dans le même temps, les initiatives indépendantes d’intégration régionale se renforcent, visant à accroître leur propre subjectivité et à réduire la dépendance à l’égard de la Russie. Par exemple, le Kazakhstan développe activement ses relations avec la Chine et l’Occident afin d’équilibrer l’influence de Moscou.
Les politiques russes en matière de migration et de commerce ont un impact direct sur la société et l’économie de l’Asie centrale. Les pays d’Asie centrale, notamment le Tadjikistan et le Kirghizistan, dépendent des envois de fonds de leurs citoyens travaillant en Russie. Cependant, le durcissement de la politique migratoire russe et les problèmes économiques du pays obligent les migrants à chercher d’autres domaines de travail.

 

Intérêts géopolitiques

La Russie continue de fournir une assistance militaire aux pays d’Asie centrale, en renforçant ses bases et en menant des exercices conjoints. Cela crée une impression de soutien et de protection de la part du Kremlin. Dans le même temps, la Russie cherche à contrôler la situation politique dans la région, en soutenant les régimes fidèles et en empêchant d’éventuels changements pro-occidentaux ou pro-chinois.
La réélection de Vladimir Poutine pour un nouveau mandat a renforcé son influence sur les pays d’Asie centrale. Malgré les critiques extérieures et les défis internes, ces pays continuent de coopérer activement avec le Kremlin, en tenant compte à la fois des avantages et des risques potentiels. La politique russe de la « carotte » et du « bâton » est évidente dans l’équilibre entre soutien et contrôle dans les relations avec les républiques d’Asie centrale. Ainsi, l’avenir des relations entre la Russie et les pays d’Asie centrale dépendra de la capacité de ces pays à manœuvrer entre les bénéfices de la coopération économique avec Moscou et la nécessité d’éviter de tomber sous les sanctions et les pressions politiques. Eh bien, ou il est temps de décider…